Selon les médias, l'extraction des terres rares au Myanmar est actuellement interrompue. Le pays étant d'importance mondiale, notamment dans le domaine des représentants lourds de ce groupe d'éléments, l'impact pourrait se traduire par une hausse des prix.
Près de la moitié des terres rares lourdes, comme le terbium, sont extraites au Myanmar, mais une pénurie semble désormais imminente, comme l'indique la Le Global Times chinois rapporte. Actuellement, les activités minières sont à l'arrêt dans le pays voisin, rapporte le journal considéré comme proche de l'Etat.
Risques géopolitiques au Myanmar
Le Myanmar exporte surtout des produits de moyenne Terres rares comme le gadolinium, ainsi que des représentants lourds de ce groupe de matières premières en Chine, où ils sont transformés. Parmi ces derniers éléments, on trouve par exemple le terbium, qui augmente les performances des aimants à base de terres rares. La demande en aimants ne cesse d'augmenter dans des domaines d'application tels que la mobilité électrique, l'énergie éolienne et l'électronique grand public.
La principale source de terres rares lourdes est ce que l'on appelle l'adsorption ionique, qui n'est exploitée à grande échelle que dans ces deux pays. Environ la moitié de l'extraction mondiale de terres rares lourdes provient du Myanmar, qui est dirigé par une junte militaire depuis février 2021. Différents groupes de rebelles se sont opposés à cette dernière. C'est sans doute la raison pour laquelle l'exploitation minière semble actuellement en friche. L'un des groupes armés, l'Armée pour l'indépendance du Kachin (KIA), a eu recours à la violence contre des civils. selon l'agence de presse Reuters La Chine a annoncé avoir pris le contrôle d'un important centre d'extraction de terres rares dans le nord du pays. Cette région, l'État de Kachin, où se concentre l'exploitation de ces matières premières critiques, est directement limitrophe de la Chine, ce qui a de quoi alarmer le pays voisin, nettement plus grand, qui a déjà tenté à plusieurs reprises par le passé d'intervenir comme médiateur entre les parties au conflit. Cette semaine, le chef de la junte est attendu en Chine pour des entretiens qui devraient notamment porter sur l'amélioration des relations bilatérales. Outre les dissensions politiques, le Myanmar est également confronté cette année à de fortes pluies de mousson qui, selon l'organisation non gouvernementale ACAPS, touchent particulièrement l'État de Kachin.
Garder un œil sur l'évolution possible
L'expert de TRADIUM Jan Giese résume les conséquences possibles de la situation actuelle : "Les récentes fermetures de mines au Myanmar pourraient, comme ce fut déjà le cas à l'automne 2023, entraîner une pénurie de terres rares et donc des ajustements de prix. En raison du rôle important du Myanmar dans l'extraction et de l'influence quasi monopolistique de la Chine dans le traitement ultérieur, même de petites modifications de l'offre peuvent avoir des répercussions sensibles sur la chaîne d'approvisionnement. Actuellement, la situation du marché reste certes détendue, mais les acheteurs et les observateurs du marché devraient garder un œil sur les évolutions et se préparer à d'éventuels scénarios.
En décembre dernier, nous avons souligné l'importance du Myanmar pour l'industrie chinoise des terres rares dans un commentaire de marché. Le rapport, rédigé en collaboration avec le portail d'information Matières premières.net créé Vous trouverez la contribution ici.
Vous trouverez des informations plus détaillées sur les régions d'extraction, les domaines d'application et l'évolution des prix du groupe de métaux des terres rares sur le site SelteneErden.de. N'hésitez pas à y faire un tour !