Dans le cadre du tournant énergétique, l'hydrogène vert doit rendre l'industrie et la mobilité plus respectueuses du climat. Le ministère fédéral de la Recherche qualifie même cette source d'énergie de pétrole de demain. Mais des pénuries menacent une matière première importante pour la production d'hydrogène : l'iridium, un métal rare du groupe du platine.
La transition énergétique est confrontée à un nouveau défi : une pénurie d'iridium, un métal du groupe du platine, pourrait freiner le développement de la production d'hydrogène. Iridium joue un rôle central dans l'électrolyse chimique, indispensable à la production d'hydrogène vert. Les experts mettent en garde contre d'éventuelles pénuries d'approvisionnement et exhortent à la recherche de matières premières et de technologies alternatives.
L'hydrogène, vecteur d'énergie du futur
Les électrolyseurs sont un élément clé de la production d'hydrogène vert, car ils décomposent l'eau en oxygène et en hydrogène. Si ce processus d'électrolyse à forte consommation d'énergie utilise de l'électricité issue de sources d'énergie renouvelables, on parle d'hydrogène vert. Entre-temps, il existe différentes formes d'électrolyse. L'un des procédés est l'électrolyse à membrane d'échange de protons (PEM). Il se caractérise par le fait qu'il s'accommode bien des alternances dynamiques entre le mode veille et le fonctionnement à pleine charge. C'est un aspect important pour la production d'énergie renouvelable à partir du vent et du soleil. Dans l'électrolyseur PEM, l'anode, où a lieu l'oxydation, est recouverte d'iridium. Philipp Götzl-Mamba, expert en métaux précieux chez TRADIUM, explique pourquoi : "Le métal du groupe du platine a un grand effet catalytique et augmente le rendement lors de la décomposition de l'eau. La demande croissante d'hydrogène vert pourrait entraîner à long terme une nette augmentation de la demande de ce métal.
Les grands projets d'hydrogène se heurtent à un approvisionnement critique en matières premières
L'Union européenne a fixé des objectifs ambitieux pour la production d'hydrogène vert : D'ici 2030, dix millions de tonnes doivent être produites chaque année, et une puissance d'électrolyse de 40 gigawatts est estimée. Pour chaque gigawatt de puissance d'électrolyse PEM, 300 à 400 kilogrammes d'iridium sont actuellement nécessaires, calcule Götzl-Mamba, qui prévient que l'extraction annuelle de seulement huit tonnes, principalement en Afrique du Sud, ne suffira pas. Même si tout l'iridium extrait dans le monde était utilisé pour l'électrolyse, la puissance totale ne serait que de 20 à 27 gigawatts.
Nouvelles technologies et recyclage en développement à long terme
La pénurie potentielle d'iridium jette donc une ombre sur le tournant énergétique prévu. Elle pourrait en outre faire augmenter les prix de la matière première et, par conséquent, les coûts de production de l'hydrogène, car en l'état actuel des choses, le métal du groupe du platine est indispensable dans l'électrolyse. Face à ce scénario, l'industrie recherche des solutions innovantes. Les technologies d'électrolyse qui nécessitent de plus faibles quantités d'iridium constituent une approche. En outre, le recyclage gagnera nettement en importance, prédit Götzl-Mamba de TRADIUM. Mais pour cela, certains défis logistiques, économiques et technologiques doivent encore être relevés.
Vous trouverez d'autres estimations de notre expert Philipp Götzl-Mamba sur la disponibilité de l'iridium et l'évolution du marché des matières premières dans un article récent du Handelsblatt. Vous pouvez lire ici son point de vue sur la situation actuelle du marché en format PDF.