Selon un article de presse, deux milliards d'euros devraient être investis dans l'approvisionnement en matières premières de l'économie allemande via un fonds souverain. Le projet pourrait revêtir une importance stratégique.
Le gouvernement fédéral allemand veut assurer l'avenir de l'économie nationale en créant un fonds pour les matières premières, a rapporté l'agence de presse Bloomberg. Ce fonds de plusieurs milliards de dollars pourrait contribuer à créer un accès à long terme aux matières premières dont l'extraction et le traitement sont contrôlés de manière déterminante par des entreprises étrangères.
Des milliards investis pour diversifier l'approvisionnement en matières premières
Le gouvernement fédéral veut doter le fonds public de deux milliards d'euros qui seront investis dans des projets nationaux et internationaux liés aux matières premières. L'argent pourrait ainsi être investi dans l'extraction et la transformation de métaux rares, Le gouvernement allemand a décidé d'investir dans la recherche et le développement de nouveaux matériaux, tels que le lithium, le cobalt et d'autres matières premières indispensables à la fabrication de véhicules électriques, de smartphones et d'autres produits high-tech. Pour l'approvisionnement en ces métaux, l'Allemagne dépend jusqu'à 90 % des importations. Dans le domaine des terres rares, celles-ci proviennent presque exclusivement de mines ou d'entreprises de transformation chinoises. Le programme de promotion pourrait contribuer à résoudre cette dépendance d'approvisionnement et à diversifier l'accès aux matières premières.
L'Allemagne suit l'exemple du Japon et de la Corée du Sud
Avec son projet de fonds pour les matières premières, l'Allemagne suit l'exemple du Japon. Dès 2004, le pays a créé sa propre autorité des matières premières sous le nom de Japan Organization for Metals and Energy Security (JOGMEC). Son objectif est de garantir l'accès aux matières premières critiques et de promouvoir le renforcement de l'industrie en investissant dans l'exploration des ressources minérales et en soutenant les entreprises nationales de matières premières par des crédits et des garanties. Actuellement, le JOGMEC prévoit de lancer un fonds de 105,8 milliards de yens (720 millions d'euros) afin de subventionner l'approvisionnement en matières premières pour la construction de voitures électriques. En Corée du Sud également, l'État participe activement depuis les années 60 à la sécurisation de l'approvisionnement en matières premières sous la forme de la Korea Ressources Corp (KORES).
Coopération avec l'Indonésie comme application possible
Une application concrète possible du fonds pour les matières premières prévu en Allemagne est la coopération avec l'Indonésie. Comme l'a annoncé le portail sectoriel Rohstoff.net, Les deux pays souhaitent conclure un partenariat sur les matières premières. L'Indonésie possède de riches gisements de nickel, utilisé pour la fabrication de batteries. Selon l'agence de presse nationale Antara le pays souhaite également exploiter ses gisements de terres rares. L'Allemagne pourrait participer à l'exploration et à l'extraction et garantir ainsi l'accès à ces matières premières critiques.
Nécessité d'agir également au niveau de l'UE
Un projet de loi présenté par la Commission européenne en mars dernier montre à quel point la question de l'approvisionnement en matières premières est importante. Le Le Critical Raw Materials Act vise à, L'objectif est de renforcer la souveraineté européenne sur les ressources naturelles importantes : Au-delà de l'extraction des matières premières, il s'agit de développer les chaînes de valeur locales. Mais à la différence du fonds pour les matières premières prévu en Allemagne, aucune information n'a été donnée sur le financement et les instruments possibles.